25 avril 2005

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J'ai 30 ans, je suis marié et j'ai deux enfants. Je suis en post-doctorat en Belgique (UMH, voir partie supérieure de la photo) où j'ai effectué mes études de Physique (une licence et un doctorat tous deux obtenus avec la plus grande distinction). Je suis actuellement chargé de recherche au FNRS (l'organisme qui bénéficie des fonds du Télévie, juste pour situer).

Au 1er octobre 2005, je serai en post-doctorat au Centrum voor Wiskunde en Informatica (CWI) à Amsterdam pour 3 ans (voir partie inférieure de la photo). Le métier de chercheur est exclusivement réservé aux passionnés. En effet, voici en bref le parcours du combattant qu'un étudiant belge (c'est un peu différent suivant les pays) devra suivre s'il veut être chercheur.

Il faut tout d'abord effectuer de bonnes études universitaires (4 années et bientôt 5 avec l'uniformisation de l'enseignement universitaire encore appelée Réforme de Bologne (www.toutsurbologne.be). Il faut savoir qu'en Physique, le taux de réussite en première année est d'environ 30 à 40% (mon année (1992-1993) il était de 10% seulement dans mon université). Même s'il est vrai que ce taux a tendance à augmenter avec le temps puisqu'il faut bien compenser le nombre décroissant d'inscription en Sciences.

Il n'est évidemment pas suffisant de simplement réussir ces années d'étude universitaire, il faut encore obtenir de hauts grades (Satisfaction : 60-69% ; Distinction : 70-79% ; Grande Distinction (GD) : 80-89% et La Plus Grande Distinction (LPDG) : 90% et plus). Les pourcentages donnés ici sont très théoriques puisque le jury est souverain et peut, dans une certaine mesure, attribuer un grade supérieur ou inférieur à celui qui correspond au pourcentage obtenu par l'étudiant (par exemple, un étudiant ayant 75% mais aussi une ou plusieurs cote(s) très faible(s) pourrait ne bénéficier que d'une Satisfaction). Pour espérer poursuivre le parcours, il faut certainement avoir obtenu au minimum des Distinctions mais souvent des GD et LPGD.

Ensuite vient le temps du doctorat. Il faut impérativement obtenir une bourse ou un contrat de travail pour réaliser une thèse de doctorat. Les possibilités standards de financement sont : Aspirant FNRS (4 ans) et boursier FRIA (4 ans) (voir www.fnrs.be) ou Assistant à l'université (6 ans mais des charges pédagogiques). La sélection est ici encore très rude. Il n'est pas rare non plus de faire sa thèse dans une autre université que celle où on a effectué ses études. Une fois la thèse terminée et défendue devant un jury, le plus difficile reste à venir.

Vous avez à ce moment 26 ou 28 ans suivant la filière suivie et il faut à présent débuter la succession de post-doctorats. Un postdoc de deux ans à l'étranger dans une bonne université ou un bon centre de recherches est aujourd'hui (à de rares exceptions près) un minimum pour pouvoir espérer décrocher un poste permanent. Le plus souvent il faut compter de 5 à 7 ans d'expériences post-doctorales (et parfois bien plus) pour décrocher un poste permanent. Vous avez donc au minimum 31 ans mais le plus souvent entre 33 et 35 ans, soit une sélection de plus de 15 ans, qui a commencé au début des études universitaires, pour obtenir un poste permanent. Beaucoup de chercheurs sont découragés et vers la trentaine se tournent vers le secteur privé ou l'enseignement supérieur non universitaire.

Il faut aussi pendant tout ce temps (doctorat et post-doctorats) avoir publié un nombre raisonnablement important d'articles scientifiques dans de bonnes revues spécialisées (voir ce lien pour un petit échantillon www.physlink.com/Directories/Journals.cfm). Il faut également que ces articles aient un impact le plus important possible sur la communauté scientifique. Cela se mesure à l'aide du nombre de citations de vos articles dans les travaux d'autres scientifiques. Etre invité dans des conférences internationales pour faire un exposé oral (talk) est aussi la marque que votre travail est reconnu.

Tout ceci est évalué sévèrement à chaque fois que vous poser votre candidature pour une poste permanent...

15:22 Écrit par Genorb dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0)

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