02 mai 2005

Post-Doctorats (2)

Pour compléter mon précédent post, on peut dire que le moment du post-doctorat est, en théorie, un moment extraordinaire. En effet, on se retrouve dans une nouvelle équipe de recherche, dans une autre université (ou centre de recherche) et on rencontre donc, en principe, des personnes intéressantes. On entame de nouvelles recherches, on élabore de nouveaux projets. Tout cela est très excitant et motivant. On est également dans un nouveau pays, une nouvelle ville et là aussi des rencontres enrichissantes qui ouvrent l’esprit sont possibles.

 

En pratique, il existe trois catégories de post-doctorants : les célibataires, les mariés (ou en couple) et les mariés (ou en couple) avec enfants. Pour les premiers, pour peu que l’isolement dans un pays étranger (où on ne parle éventuellement pas la même langue) n’est pas un trop gros problème, c’est plutôt une expérience exceptionnelle. Pour les seconds, et encore davantage pour les derniers, la situation est bien plus compliquée. En effet, soit le post-doctorant part seul, et il est clair que l’isolement dans ce cas est assez pénible, soit tout le monde part. Dans ce dernier cas, il faut que le conjoint (partenaire) quitte ses occupations (ses études ou son travail). Ensuite, il faut pouvoir vivre avec le salaire de post-doctorant. Ce salaire étant un salaire ordinaire comme on le connaît dans son pays d’origine, où généralement le conjoint travaille ! On doit donc passer de deux salaires, et une vie confortable, à un salaire et compter son argent (évidemment, il existe des situations bien plus dramatiques financièrement, mais on parle ici de personnes qui sont Bac+8 ou davantage. On pense généralement que pour ces personnes il n’y a jamais de problème pour trouver du boulot ou de problème financier). C’est encore plus compliqué quand il y a des enfants en jeu. Car d’une part, la famille est encore plus grande pour un seul salaire et, d’autre part, se pose la question de la scolarisation des enfants surtout si la langue parlée dans le pays d’accueil n’est pas celle du pays d’origine.

 

En conclusion, on pourrait caricaturer la situation comme suit : le recherche est avant tout faite pour des passionnés célibataires (du moins jusqu’à l’obtention d’un poste permanent). C’est encore bien plus difficile pour les femmes car même de nos jours on voit encore mal une femme laisser sa famille pour effectuer un séjour post-doctoral !

22:50 Écrit par Genorb dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (5)

Commentaires

euh... C'est un peu restrictif tes catégories la, non? [et super sexiste !!] Oui oui je suis célibataire, ca ne signifie pas pour autant que je suis sans attache et que ca me fait plaisir de quitter mes amis tous les 2 ou 3 ans tu sais... enfin bref, euh... non mais j'aime bien ne pas etre d'accord avec les gens en meme temps... :)

Écrit par : kiara | 08 mai 2005

En effet Salut Kiara,

je lis tres souvent ton blog et j'aime bien ca!

Tu as entierement raison. Je pensais avoir ete suffisament nuance avec cette phrase: "Pour les celibataires, pour peu que l’isolement dans un pays étranger (où on ne parle éventuellement pas la même langue) n’est pas un trop gros problème, c’est plutôt une expérience exceptionnelle."

Le cote sexiste je ne vois pas bien pourquoi. La derniere phrase du post montre bien que je pense que c'est encore plus difficile pour une femme...

Mais je pense neanmoins avoir bien resume la situation car ce qui est penible pour les celibataires (quitter les amis, et la famille), l'est aussi evidement pour les personnes en couple, a ce niveau c'est l'egalite. Mais de plus ces derniers doivent en plus laisse le conjoint et eventuellement les enfants. Ce qui est une difficulte supplementaire. Mais evidement c'est tres difficile pour tout le monde et c'est bien la le message. Je veux montrer a travers ce blog (comme c'est deja fait ailleurs), que la vie de chercheur est loin d'etre evidente. C'est avant tout une passion. Je ne pense pas que sans la passion du metier on puisse tenir tres longtemps. C'est tout.

Comme tu disais dans un post tres recent, nous sommes des masochistes!

Écrit par : Genorb | 08 mai 2005

exemple Resalut Kiara,

Voici ce qu'a dit aujourd'hui mon petit fils aine (3 ans), apres que j'ai pris le train pour les Pays-Bas (dixit email de ma femme)

"pourquoi papa est pas dans la voiture? Il est parti au train? Moi aussi je veux aller dans le train."

Quand on te raconte ca, tu as beau etre un homme (dur, viril et tout le toutim), on a le coeur tout serre quand meme...

Écrit par : genorb | 08 mai 2005

ouiménon, enfin oui, bref. J'ai vécu les 2 situations, etre loin du chéri -et apres se séparer du chéri comme au bout d'un moment ca rimait a rien- et honnetement, je préferais etre en manque mais savoir que quelque part dans le monde il y avait qq'un qui se souciait de ce que je faisais, plutot que d'etre tout a coup seule au monde et sans chéri ni amis a l'autre bout de l'Europe (oui l'autre bout, je sais j'exagere, je sais...) Bref.
M'enfin biensur j'ai pas de gamins, et je ne peux meme pas imaginer ce que c'est d'en etre séparé. Tu le vois souvent ton fils ("ainé"... y'en a combien ??)
Et sexiste parce que justement je ne vois PAS pourquoi ce serait plus dur pour une femme que pour un homme ! C'est completement primaire comme commentaire... Roh les pauvres femmes isolées loin... oui ben non. C'est pareil. Similaire. La meme chose. Et si on nous envoie des Biba régulierement tout va bien. Ou mal. Comme pour les gars quoi.
Bon d'accord j'me tais j'ai assez dit de stupidités pour la soirée... et bonne conférence !
(et euh merci de me lire c'est gentil !!)

Écrit par : kiara | 10 mai 2005

. J'ai deux enfants.

Effectivement je comprend aussi ton point de vue. En effet, etre seul c'est aussi tres dur. Par exemple cette semaine je suis separe de ma femme, mais je lui telephone chaque jour et nous discutons, partageons ce que nous ressentons. Et c'est vrai que c'est bien. En se qui concerne les enfants, c'est assez difficile et encore plus pour eux, parce qu'ils ne comprennent pas pourquoi je pars (enfin seulement l'aine car le petit n'a que neuf mois, et meme s'il sent certainement mon absence, c'est different).

Tu es vachement directe de traiter mes discours de primaire :). Mais c'est peut-etre que je me suis mal fait comprendre. MOI je ne pense pas que c'est plus dur pour une femme (quoique pour une mere de famille c'est encore autre chose), mais en general les gens voient cela d'un mauvais oeil, surtout ceux qui ne sont pas du milieu scientifique et qui ne comprenne pas pourquoi on doit tout laisser pour partir a l'etranger. Tu ne peux pas nier que malgre que la societe evolue il y a encore des prejuges qui resistent (mais ca depend beaucoup du milieu).

Je me souviens d'une emission televisee recente (un reportage) sur les femmes et la science. Les jeunes doctorantes (ou thesardes comme tu veux) disaient que pour le postdoc elles hesitaient et que clairement c'etait moins bien vu dans la societe qu'une femme fasse un postdoc assez loin en laissant le mari et les enfants au pays.

Mais bon par ecrit c'est parfois difficile de nuancer ses propos. C'est la qu'on regrette de ne pas pouvoir en discuter tranquillement une bonne biere a la main. D'autant que clairement tu es une femme de caractere qui a de la repartie. Ca doit donc etre tres interessant de discuter avec toi. Bon j'arrete la ou ma femme va encore etre jalous ;).

Au plaisir de te lire ici ou sur ton blog!

Écrit par : genorb | 10 mai 2005

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