24 septembre 2005

Il faut s'en faire une raison

Mon départ pour Amsterdam approche à grand pas. Ce vendredi 23 j'avais prévu une bouffe d'adieu avec quelques amis et collègues. Après 13 années passées dans cette université on a envie de dire au revoir correctement. Environ 35 personnes avaient été invitées, seules neuf ont jugé utile de venir (avec les conjoints nous étions 18), certaines n'ont même pas répondu à mon email. Tout le monde avait finalement mieux à faire, et puis il faut se faire une raison, je remarque de plus en plus que je ne suis en général pas trop apprécié. J'ai d'abord pensé que peut-être j'était en général trop égoïste, pas assez attentionné envers mes semblables, mais après analyse plus pointue il semble qu'en général c'est encore pire chez les autres (sauf qu'ils sont plus doués pour sauver les apparences, alors que j'ai tendance à être plus sincère et à ne promettre que si je peux tenir mes promesses. Les gens aiment parfois entendre des choses qu'ils savent pertinemment fausses, je ne suis pas de cette race). C'est peut-être davantage mon apparente indifférence (qui est plus de la timidité qu'autre chose)… et il faut le dire, j'ai du mal de parler de la pluie et du beau temps. Il faut parfois maintenir de liens de façade pour se faire des « amis ».

J'en espère aussi peut-être trop des autres. Finalement tout le monde a ses problèmes qui sont, par définition, plus important que ceux des autres. Par exemple, les gens se disent certainement que si ma situation d'expatrié ne sera pas facile, avec ma famille restant en Belgique, c'est entièrement de ma faute, c'est moi qui ai choisi cette vie. Raisonnement simpliste de gens ordinaires qui vivent de génération en génération dans un rayon de 25km.

Si on veut positiver il faut se concentrer sur les personnes présentes et hormis peut-être quelques unes qui étaient là par « obligation » (et ce n'est pas certain), je pense qu'elles étaient toutes sincères et contentes d'être là. Il y avait aussi manifestement quelques personnes absentes qui auraient vraiment aimés être présentes, ça j'en suis certain.

Mais ce que j'apprend chaque jour c'est que globalement, la vie c'est chacun pour soi et qu'être adulte c'est sans doute apprendre à vivre avec ça. Je ne suis définitivement pas un adulte. Il faut s'en faire une raison, mais c'
est alors perdre un peu de ses idéaux, c'est mourir un peu.

Heureusement, je suis marié et j'ai deux enfants, ça vous fait une belle bouée dans les moments difficiles. Oui j'ai vraiment une femme formidable et je sais qu'on me l'envie. C'est sans doute ma chance.

Mon expérience à Amsterdam me laissera certainement encore davantage ce goût amère en bouche, celle de la solitude profonde. J'imagine que ça doit être un sentiment universel avec lequel il faut aussi apprendre à vivre. On en a même fait une chanson...







18:04 Écrit par Genorb dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Dommage que ce post soit vieux de trois ans...
je suis actuellement en train de faire un doctorat dans une université... et je commence aussi à comprendre comment les gens fonctionnent dans la vie comme au travail... j'ai été très déçue, et j'en ai un goût très amer à tel point que j'ai perdu goût à faire mon doctorat... Je me suis reconnue un peu dans ton post surtout quand tu parles de "maintenir de liens de façade pour se faire des « amis »". "Parler de la pluie et du beau temps" comme tu dis... moi ça m'emmerde.
Ce qui m'a le plus déçu fut de me rendre compte que des universitaires, ou des gens travaillant à l'université, n'étaient pas plus instruits que d'autres, qu'ils pouvaient être tout aussi intolérants et non ouverts à ce qu'ils ne connaissent pas, et que la plupart quand même le culot de se croire plus méritants ou doués que d'autres juste en considérant leur statut hiérarchique, ou leur âge qui n'est pas forcément très avancé. Les "petits chefs".
J'ai appris qu'on pouvait avoir fait de longues études et avoir accès à un job universitaire, mais pourtant toujours avoir des idées très courtes et des a priori sur des sujets qu'on ne connaît pas. Ne jamais croire que quiconque sort de la masse avant de bien le connaître. Et ce n'est pas en parlant "rideaux" qu'on connaît bien les gens.
Bref.

Écrit par : K | 18 mai 2008

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