27 décembre 2005

Défense de thèse

Mardi 20 décembre, c’était la défense de thèse de Carolynne. Notre service comporte 4 thésard(e)s et 2 post-docs. La prochaine défense aura lieu le 13 avril prochain. Une défense au Pays-Bas ça n’a rien à voir avec une défense en France ou en Belgique ; il y a bien davantage de décorum !!

 

Tout d’abord, pas mal de monde assiste à la défense. On est dans un auditoire avec la candidate. Il y a aussi les deux parrains. En effet, historiquement il était bien plus rare est difficile d’obtenir une thèse. Il faut bien l’avouer aujourd’hui le titre est relativement galvaudé et beaucoup de gens le reçoivent sans véritablement le mériter [mon chef actuel m’a d’ailleurs confié que sa première thésarde n’était pas très capable… pourquoi lui conférer ce titre alors ??]. Ces parrains étaient là pour aider le candidat, des espèces de joker en fait. Ils n’ont pas été utilisé cette fois et je n’ai aucune idée sur la façon dont on procède, peut-on les utiliser autant de fois que l’on veut ? etc…

 

A l’heure dite, 16h00 dans ce cas-ci, le jury entre précéder d’un espèce de bâtonnier. Enfin je ne sais pas si le terme colle vraiment à la fonction… C’est un homme en toge et couvre-chef tenant un bâton surmonter d’un emblème sans doute lié à celui de l’université. Le jury, composé cette fois de 8 membres (mais ce nombre est variable), était aussi vêtu de façon similaire mais aux couleurs de leur propre université. Seuls les professeurs portent ce costume ; les docteurs portent un simple costume de ville. Oui la notion de hiérarchie est encore bien présente et visible. Ce n’est pas un mal je pense… Je dois préciser qu’à l’entrée du jury, tout le monde se lève dans la salle !! Preuve de respect quelque peu désuète dans nos contrées mais qui rappelle de bons souvenirs d’école primaire (aujourd’hui malheureusement ça rappelle plus une pub pour danette qu’une marque de respect !).

 

Quand le jury a pris place, le bâtonnier (continuons à l’appeler ainsi) quitte les lieux en prononçant une phrase « rituelle ». Le président du jury, portant un ravissant collier genre chancelier allemand, prend la parole et s’adresse à la candidate et aussi au promoteur. C’est le promoteur qui pose la première question qui est simplement de présenter en 10 minutes (pas une de plus) un résumé de la thèse. Ensuite les autres membres posent leurs questions. Les débats durent en tout une heure. Les questions sont sérieuses mais l’avenir de la candidate ne se joue pas vraiment à cet instant. En effet, avant de soumettre la thèse dans sa forme définitive, la candidate la soumet à un comité de lecture. Chaque membre de ce comité renvoi un rapport à celle-ci contenant les corrections à apporter à la thèse. Les rapports ne sont pas conservés comme en France. Après une heure de discussion, le bâtonnier réapparait et le débat cesse immédiatement. Ce dernier frappe le sol de trois coups et prononce de nouveau une phrase rituelle. Le jury se retire (et nous sommes encore debout) et délibère. Vingt minutes plus tard la sentence est prononcée : vous êtes condamnée à porter le très lourd titre de docteur toute votre vie.

 

La suite est plus conventionnelle : petite réception d’abord dans l’enceinte de l’université, ensuite dans un resto.

 

On peut penser que ce décorum est aujourd’hui relativement dépassé et quelque peu « too much ». Je pense que pour la famille et les amis qui n’ont pas une idée précise du niveau requis (en théorie, car comme je le dis plus haut, le titre est que trop galvaudé) pour pouvoir porter ce titre, ce genre de cérémonie est relativement impressionnante et laisse imaginer davantage que la réalisation d’une thèse n’est pas une mince affaire.


10:06 Écrit par Genorb dans Général | Lien permanent | Commentaires (0)

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